carton, u.v. & conservation

Carton, U.V. & Conservation

Le point de départ de « C.U.V.&C. » est une plaque de carton rectangulaire exposée au soleil. L’acidité de ce matériau fait virer la couleur initiale d’un gris neutre à un gris doré presque ocre jaune. La surface périphérique (les trois quarts de la plaque) protégée du rayonnement solaire, garde toujours sa couleur originelle, tandis que le centre de la plaque (le quart restant) est la seule zone concernée par la métamorphose chromatique. On obtient au final un carton rectangulaire gris, au centre duquel se dessine un second rectangle imprégné - photographié - par le soleil.

Ce travail soulève la problématique de l’exposition d’un objet qui sera altéré par son exposition. En effet, cette réaction aux U.V. se déroule dans un laps de temps relativement court et génère rapidement la saturation du support. Il en résulte un objet sensible, dont toute nouvelle mise à jour dégrade les parties jadis protégées, et par ce biais l’objet dans son entité.
D’où, comment l’exposer si on souhaite le conserver tel quel ? Une solution serait de ne jamais l’exposer, ou, de ne jamais le dévoiler à la lumière, ou encore, de l’exposer voilé. Je propose les trois.

Ce qui est montré est une solution en trois parties. La première est une photographie grandeur nature représentant la plaque de carton marquée aux U.V. - l’original. La reproduction photographique permet d’obtenir une image durable des choses. Toutefois, la photographie ne sera jamais ce qu’elle reproduit. Elle dénature la substance des choses. L’essence du matériau photographié se perd au détriment de celle du support de la photo.
La perte d’identité physique de l’original mène directement à la deuxième partie, une autre plaque de carton, mais cette fois-ci brute (dépourvue d’empreinte solaire). Cette plaque vierge détourne l’attention de la reproduction et la ramène vers la réalité concrète. Comme un rappel, la deuxième plaque montre tel quel le matériau-souche à la base de ce travail.
Ce faisant désirer par son absence et ses deux collaborateurs, l’original, l’instigateur, ne pouvait au bout du compte s’esquiver. Pourtant son « eclipsage » est de première nécessité, car il ne peut s’exhiber que sous une enveloppe occultante, autant un pare-lumière qu’un pare-regard. L’enfant de la Lune doit sa survie à une pudeur sans faille.

K.L.

installation murale;
version 1/5;
triptyque;
prise 1.

date de réalisation: été 2008;
date de conception: entre 2003 et 2004;
carton gris redoublé (stouls, ref.: 1740gm), papier photo mat fuji (largeur 60cm) contrecollé sur p.v.c., papier kraft 90g/m2, ruban polypropylène “scotch” 35 microns havane;
réalisation de la photographie: christophe urbain, strasbourg, france;
dimensions d’ensemble: 90 x 240 x 0,4 cm;
dimensions individuelles: 90 x 60 x 0,4 cm;
photographie: jean-philippe senn, strasbourg, france;
session photos 1: été 2008.

installation murale;
version 1/5;
triptyque;
extrait 1.

date de réalisation: été 2008;
date de conception: entre 2003 et 2004;
papier photo mat fuji (largeur 60cm) contrecollé sur p.v.c.;
réalisation de la photographie: christophe urbain, strasbourg, france;
dimensions: 90 x 60 x 0,4 cm;
dimensions du rectangle interne: 45 x 30 cm;
photographie: jean-philippe senn, strasbourg, france;
session photos 1: été 2008.

installation murale;
exemplaire 1/5;
triptyque;
cliché numérique originale servant au marouflage.

date de réalisation: été 2008;
date de conception: entre 2003 et 2004;
réalisation de la photographie: christophe urbain, strasbourg, france;
date de la prise: 2008;
dimensions: 90 x 60 x 0,4 cm;
dimensions du rectangle interne: 45 x 30 cm.